Vol en patrouille ! (vidéo)

Vol en patrouille ! (vidéo)

Le vol en patrouille ne s’improvise pas : il doit être précédé d’un briefing très complet qui ne laissera aucune place au hasard. Pour ce vol, deux pilotes très expérimentés ont pris place à bord des aéronefs de l’aéro-club.

Après le décollage, les deux avions Breezer B600 (Robert DOUSSE) et Robin DR400 (Alain GODEASSI), ont effectué un passage basse hauteur après un premier tour de piste standard, avant d’atterrir en formation à l’issue d’un second tour de piste.

Pour rappel, les vols en formation ont certaines caractéristiques en commun : le “leader” ouvre la voie, tandis que les autres appareils (les ailiers) suivent scrupuleusement ses directives. Plus généralement, le leader gère entièrement le vol : briefing, mise en route, décollage, alignement, décollage, break et atterrissage.

Enfin, un vol en formation est considéré comme un seul aéronef par le contrôle aérien. Les vols en formation utilisent généralement la fréquence 123.45 MHz pour communiquer entre eux : c’est la fréquence air/air désignée qui permet de “faire des compte-rendus de position en vol en l’absence de contact avec le contrôle aérien”. Elle a hérité du surnom de “fréquence poubelle”, en rapport aux communication “non-essentielles” qu’elle peut parfois véhiculer.

Les radios VHF des aéronefs permettent de continuer à utiliser la fréquence (ACTive) pendant le réglage de la fréquence secondaire (STandBy). Les fréquences sont ensuite commutées grâce au bouton à droite de l’afficheur (double flèche). Les radios les plus récentes permettent d’émettre et de recevoir sur la fréquence active tout en écoutant la fréquence secondaire (bouton MONitoring à gauche de l’afficheur)

La fréquence 123.45 MHz n’est utilisée par aucune station au sol. Son utilisation ne peut donc pas interférer avec les directives des organismes en charge du contrôle aérien. Elle ne doit pas être confondue avec la “Fréquence Club” (123.50 MHz) qui est réservée aux contacts avec les aérodromes qui n’ont pas de fréquence attribuée (cette fréquence leur étant néanmoins réservée).

La fréquence 130.00 MHz est attribuée aux altisurfaces (terrains dans les reliefs montagneux). Par extension, elle est devenue la fréquence privilégiée à veiller lors des survols des zones montagneuses, en zone planeur et lors du franchissement des cols. Elle est également utilisée par les voltigeurs pour leurs communications air/sol, sachant qu’une station au sol est néanmoins toujours en lien avec la fréquence d’aérodrome correspondante (ou le contrôle aérien en charge, à défaut)

La fréquence 121.500 MHz, bien connue de tout pilote ou radio-amateur, est la fréquence internationale de détresse. Elle a été choisie à l’initiative de l’OACI (Organisation de l’Aviation Civile Internationale) pour des raisons historiques (étant en troisième harmonique avec l’ancien canal d’urgence tactique de 40,5 MHz de l’ancienne bande aéronautique militaire VHF ; elle donnera naissance, par la deuxième harmonique, au canal militaire d’urgence 243 MHz)

Les émissions radio autres que celles sur 121,5 MHz sont interdites dans une bande comprise entre 121,450 MHz et 121,550 MHz. Son utilisation est strictement réglementée ; cette fréquence est veillée par de très nombreux organismes civils et militaires. Elle n’est pas seulement “aéronautique”, mais également “nautique”, car elle est aussi utilisée pour les urgences maritimes. Hormis les fréquences dans la bande 406 MHz (balises détectées par les satellites Cospas Sarsat), cette fréquence 121.5 MHz est également utilisée par différentes balises de détresse à travers le monde. En dernière instance, elle sert au radioguidage des moyens de secours, une fois ces derniers arrivés sur les lieux d’un sinistre.

La fréquence 121.1 MHz (dite “auxiliaire de la fréquence aéronautique d’urgence 121,5 MHz”) est destinée à être utilisée par les stations du service mobile aéronautique et par d’autres stations mobiles et terrestres engagées dans des opérations coordonnées de recherche et sauvetage

Les balises PLB (Personal Locator Beacon) utilisent à la fois la gamme des 406 MHz et la fréquence 121.5 MHz

Les vols en patrouille nécessitent une excellente qualité de pilotage (en particulier sur le maintien de la vitesse) qui ne peut s’acquérir qu’au prix de nombreuses heures de pratique et d’un souci constant de perfectionnement technique.

La gestion de l’étagement-écartement-retrait donne lieu à des vols très denses et le plus souvent très courts, qui peuvent être réalisés malgré des conditions météo “moyennes”. Une “patrouille serrée” nécessite aussi de maîtriser les virages “en persienne”, rarement étudiés lors de la formation initiale des pilotes en aéro-club.

En bref, les vols en patrouille nécessitent de solides bases de pilotage et constituent un excellent vecteur de perfectionnement, sans les contraintes et les coûts que nécessitent l’apprentissage de techniques de vols très différentes, tels que le vol IFR et, dans une moindre mesure, le vol VFR nuit.

Nous remercions chaleureusement Edith BOURE pour les prises de vue en vol et Serge BROUSSAULIER pour les prises de vue au sol et le montage vidéo de ce vol en patrouille !

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